Résumé et images personnelles de la 70ème expédition du FFS Anton Dohrn en mer du Nord. 
Sujet:  Inquiétudes sur la survie des espéces de poissons (pélagiques ou non) en mer du Nord.

 

Détails et rapport sur le voyage 70 Source http://www.anton-dohrn.de

 

Photos originales et diaporama cliquez ci-dessous


1963-07 FFS Anton Dohrn 70ème expédition
   

1963 ANTON DOHRN

70ème Expédition

 

Livre de bord livré tel quel !

 

Samedi 13 Juillet

 

Les trains sont fatigants et les contrôleurs énervants aucun d’entre eux n’a été capable de me dire sur quel quai je devais prendre mon train, lequel fut trouvé mais déjà bondé une heure avant le départ. Nous nous sommes serrés dans un wagon réserve à des scouts zurichois.

 

Dimanche 14

 

Voyage continue. A 8.30h le train arrive à Hanovre. Je vais boire un café puis encore un café. Ca fait du bien et surtout me réveille un peu. Je me renseigne pour la suite du voyage, je dois encore changer de train à Brême + 40 min d’attente. Quelle barbe… !

12.11h arrivons en gare après un voyage ou j’étais presque seul dans le wagon. Le tout tiré par une sympathique locomotive à vapeur.

12.44 départ pour Bremerhaven ou 1 heure de voyage dans un petit diesel où il faisait qu’on se serait cru dans un train à vapeur.

13.50h Arrivée en gare, rencontre enfin avec Margaret (c’est plus court). Ca fait passer une certaine Nausée à la Santé. Nous allons tout de suite à l’hôtel qui est en face de la gare, quelques rafraîchissements.

Il fait tellement chaud que je donne tout de suite le chocolat à Margaret de peur qu’il ne se transforme en une bouillie pas présentable. Puis nous allons à bord env. 3km à pied que je fais de bon cœur.

Je reconnais le bateau avant de l’avoir vu ce qui étonne évidemment connaissais la superstructure.

Première visite du bateau. Impression de sécurité tout d’abord puis de bien être ensuite.

Puis vint Capitaine Vogel fort sympathique présentation d’usage, nous avons pris une bière ensemble puis allons visiter le port … Kolumbuskaje etc.

Rentré nous avons été souper, je prends un cocktail de crabes ce qui est fort bon.

 

Lundi 15

 

6.00h debout pour aller à la criée aux poissons, pt. déjeuné à 7.30h œuf brouillé.

On lève l’ancre à 11.00 Margaret reste à bord jusqu’à Kiel, le temps est beau jusqu’à 16.00h.

Arrivons à Cuxhaven à 18.00h d’où nous repartons à 20.00h en laissant quelqu’un seul le quai, il faut se présenter à l’heure car dans la marine ne pas partir à l’heure porte malheur.

Au port un genevois est venu me dire bonjour…sympathique visite.

Vers 21.00h passons l’écluse de Brunsbüttel entrons dans le canal de Kiel. Jusqu’à minuit nous avons bu notre bouteille et passablement bavardé.

 

Mardi 16

Arrivons à Kiel dans la matinée où nous devons démagnétiser et équilibrer le bateau le bateau.

Sommes au port vers 10.00h et déchargement de matériel. Je vais me promener en ville avec deux autres étudiants stagiaires. Kiel est une belle ville moderne et claire. 12.00h Départ et Margaret nous a quitté. Passons devant le Gorch Fock voilier amiral de la Marine allemande.

 

En début de soirée arrivons en vue des cotes danoises, nous sommes dans le Kattegat et croisons le ferry entre Nyborg Korsör.

Premier splendide coucher de soleil près de l’île de Romsö. Je me porte bien mais la mer comme à se faire sentir…par petit force 2.

 

Mercredi 17

Ca sent le ‘’gâteau’’ (ou plutôt le roussi) par force 4 la tête qui tourne.

Une heure après le dîner je fais don à la mer du menu du jour, il ne me reste plus que les boyaux. Tout va bien jusqu’au souper car 3 minute après je le renvoie à la mer par l’intermédiaire du lavabo du laboratoire.

…Puis soigne mon mal de mer.

 

Jeudi 18

Mon mal de mer va mieux. Nous avons pêché 4 fois dans la journée et je commence à connaître certains poissons. Nous gardons les maquereaux et les harengs pour les mesurer et les autres soit la majorité sont passés par-dessus bord ce qui fait le beurre des mouettes et autres.

Nous avons du transborder le ‘’toubib’’ qui ne supportait plus ‘’l’air salin’’.

 

Vendredi 19

Je me réveille avec la tempête. Force 8 dehors et les vagues engloutissent presque le bateau. La mer se calme vers le soir. Au souper on nous sert des harengs pêchés la journée même.

Ne les rejettes pas à la mer et me porte bien disons 70%.

 

Samedi 20

Pas de note

 

Dimanche 21

J’ai passé une nuit comme sur le plancher des vaches, je crois que cela sera rare car la mer se lève déjà. Alors que j’écris ces lignes les bouteilles se trouvant sur la table m’arrivent dessus. Naviguons au large de Newcastle et cherchons des harengs que nous trouverons finalement le soir. Nous expérimentons des nouveaux filets qui semblent plus sélectif et laisse passer les plus de petits poissons au travers des mailles.

Je n’ai pas encore parlé de la nourriture et ne sait pas si le Allemands sont carnivores, mais j’ai pu engloutir un demi canard au dîner et ces portions sont fréquentes.

Heureusement on commence à avoir du travail et le temps passe ainsi plus vite. Nous avons entre autre épluché une corbeille de 15 kg de crevettes.

Le soir nous avons eu des harengs fumé qui me fait aussi fumer l’estomac (ce n’est pas mon truc mais il faut sauver la face) Dommage que je n’aie pas de bicarbonate. J’ai finalement du soulager ma peine en renvoyant ces petite bêtes d’où elles venaient.

 

Lundi 22

Mer d’huile et avons pêché deux fois le matin et plein de harengs maquereaux et autres wittings.

A midi surprise un repas qui rappelle la maison avec au menu

  • Jambon grillé
  • Petit-pois - carotte
  • Pommes de terre
  • Pudding avec cerise

Un vrai luxe…

L’après midi nous faison route vers le nord dans la région d’Aberdeen. Nous préparons le filet spécial pour la pêche pélagique que nous utiliserons demain. Travail très interessant.

Coucher de soleil sensationnel avec juste un espace entre la mer et les nuages. Le grand disque rouge orangé passant au travers faisait un effet de spot posé sur la mer.

Sitôt le soleil couché c’est un brouillard à couper au couteau qui nous entoure.

Continuons volontairement le montage du filet jusque vers minuit puis monte dans la timonerie.

00.05h le radar nous signale un bateau à 2 miles …1mile… 0,5 mile sirène plein pot extinction des éclairages non réglementaires et tout le monde aux aguets quand finalement l’autre bateau daigne nous répondre. On comprendra la tension à bord si je dis qu’on ne voyait pas la pointe du bateau.

00.30h Soulagé nous allons nous coucher et c’est enfin demain.

 

Mardi 23

09.30 tout le monde sur le pont. Dr Bohl nous donne quelque explication sur le filet pélagique.

 

Un filet ou chalut ‘’pélagique’’ et un filet dont on peut régler la hauteur par rapport au fond en fonction de la vitesse du bateau. Cette hauteur de pêche est mesurée au moyen d’un sonar se trouvant sur la ‘’gueule'' du filet’’ et relié à la timonerie. Pélagique signifie migrateur, dans le cas qui nous intéresse ce sont poissons qui migrent et nagent toujours entre deux eaux et sont détectés par un sonar émettant sous le bateau.

 

On met à l’eau. Selon les instruments nous devrions avoir plein de poissons. On pêche puis on hisse le filet à bord…Quand vient finalement le sac éclat de rire général (nerveux probablement) car il est vide. Autant de poissons que de doigts sur nos deux mains (précision utile).

La cause probable de ce malheur… un câble qui aurait cassé. Il est changé immédiatement, travail laborieux compte tenu des 30 mètres de filet à découdre et recoudre.

 

Deux nouvelles pêches seront faites sans plus de succès.

Petite investigation pour déterminer les causes de tant d’insuccès et conclusion :

 

Les poissons migrateurs se trouvant relativement près de la surface sont bien détectés par le sonar de bord mais lorsque le bateau passe sur le banc le bruit de l’hélice et autre les font fuir en les dispersant… pas bête les poissons !

 

Retour à la pêche traditionnelle et un nouveau coup de chalut tellement bien réussis que nous avons du mesurer des poissons jusqu’à passé minuit. 25 corbeilles à raison de 300 poissons chacune un bouleau de fou ou de titan car il faut choisir, mesure, noter, etc…

Une bonne douche pour changer d’odeur et dans la bannette.

 

Mercredi 24

Pas le temps de rêver de poisson qu’à 09.30h on nous réveille pour nous dire que le chalut était de nouveau remonté et qu’il fallait recommencer la danse merde alors que j’ai dit.

Finalement nous avons fait 4 coups de chalut dans la journée… ‘’heureusement’’ pas trop plein.

A 22.00 nous voyons la côte anglaise, ça fait plaisir de voir de nouveau quelque chose de fixe.

Nous sommes entourés de chalutiers russes, polonais, hollandais, allemands et un français.

Je fais des photos, un chalutier russe bardé d’antennes en voyant mon téléobjectif fait un tour ‘’d’honneur’’ de l’Anton Dohrn (qui est aussi impressionnant avec toutes ces antennes et autres équipements de recherche) comme s’il allait être fêté en grande pompe par un journal quelconque (il devait aussi nous mitrailler avec ses cameras).

Les menus d’aujourd’hui

  • Dîner :
  • Roulade de bœuf
  • Pomme de terre (évidemment)
  • Choux de Bruxelles
  • Grappe fruit

 Au souper

  • Croûte au champignon
  • Tranche de veau

 

Envoie un message radio à la famille pour donner position plus que des nouvelles (pas de nouvelle = bonnes nouvelles)

 

Vendredi 26

Avons pêché deux fois ce matin mais toujours peu de poisson et nous n’arrêtons pas d’écumer la mer du Nord.

Par contre nous les trouvons dans nos assiettes

Menu du jour :

  • Schellfish
  • Pommes de terre au beurre.

Je crois que je n’ai jamais mangé autant de poissons 2 entier y ont passé ce qui correspond à une ration congelée de la Migros.

 

L’après midi nous nous sommes baigné… au soleil, radio, lecture, écriture… enfin la vraie croisière. Il fait chaud et pas un nuage sur 360°.

Pêche en soirée avec l’espoir d’un peu plus de succès du coté des harengs.

Pas un seul dans le sac et le reste retour exempt de port à la mer. La journée se termine par une bataille de jets d’eau sous un magnifique coucher de soleil.

Naviguons 20° Nord.

 

Samedi 27

Matinée tranquille avec deux coups de chalut et pas un hareng. L'après midi ça change et c’est faite sentir et nous n’avons pu mesurer qu’une partie de notre pêche. J’ai eu néanmoins le temps de me faire un hamac après avoir appris à réparer les filets.

Ce soir le Capitaine nous montre des diapositives de l’Italie… Montalto Montefiascone, etc. des souvenirs communs qui reviennent et qui font plaisir.

Rencontre avec un chalutier hollandais super moderne.

Temps beau mais frais (nuages).

 

Dimanche 28

Journée de travail qui a commencé doucement, continué un peu moins et fini gaiement.

2 pauvres coups de chalut le matin. Après dîner nous avons eu nettement plus de chance. 3500 harengs à mesurer entre les deux coups de chalut.

J’ai quand même eu le temps de profiter de mon hamac ce qui est une nouveauté à bord et a fait de moi l’homme le plus photographié à bord. La bonne ambiance régnant et aidant j’ai retrouvé dans mon plumard aéré après une courte absence un leng fisch de 1.50m et pesant plus 20kg.

Le soir nous nous sommes retrouvé avec les 11 scientifiques chez des assistants, alcool, fumées...et j’en passe.

Position 1°E 59°N.

 

Lundi 29

Super tranquille, nous n’avons mesuré que 700 poissons puis hamac idéal après avoir aussi peu dormi.

 

Mardi 30

Mieux encore qu’hier, levé à 11.00h et pas touché un seul poisson

 

Mercredi 31

Pour la première fois que nous naviguons je vais déjeuner. Au menu omelette au sucre myrtilles pain beurre miel etc.

Le bateau fait sa toilette les mouettes lui ayant donné une couleur plutôt blanche.

Le reste de la journée s’est passé tranquillement après une petite pêche.

Le soir nous croisons le Sörlanded voilier école de la marine norvégienne.

Souper : riz au curry.

 

Jeudi 1er Août

07.30 Petit déjeuné

07.50 me recouche because :

  • temps bouché
  • suis en vacance
  • c’est notre fête nationale

12.00 Debout

12.30 Dîner

14.00 Corvée de nettoyage après notre 55ème coup de chalut, pélagique et infructueux. Pour l’anecdote moi qui croyait que pêcher un soulier était un gag je me détrompe à jamais nous en avons pêché un.

 

Le soir j’organise une petite fête au ‘’village’’ pour célébrer notre fête nationale en présence du Capitaine. Soirée super dans le genre de celle ou mon ami Jean Claude racontait sans discontinuer des gags. La langue ne m’a pas toujours facilité leur compréhension.

A la fin de la soirée bien repus de nos 45 bières pour 12 la compréhension se faisait de plus en plus fluide. Fin de la soirée à la lueur d’un lampion que j’avais apporté pour l’occasion.

 

Vendredi 2

Navigation de retour sur mer tranquille. Puis en passant nous prenons en charge le marin malade d’un chalutier allemand. Nous sommes à 300 km des côtes d’Helgoland.

 

Samedi 3

06.00h et passons devant les îles d’Helgoland qui nous offrent leur joli panorama.

On s’affaire aux nettoyages… ça sent la fin du voyage.